Chaque été, les températures grimpent et la demande en climatisation explose, en particulier dans les zones tropicales comme La Réunion. Cette situation pose un double problème : une consommation énergétique excessive et une aggravation des émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, des solutions existent. L’intégration du végétal dans la conception des bâtiments n’est pas seulement une question esthétique : c’est une nécessité environnementale et économique.
Dans l’architecture traditionnelle réunionnaise, les jardins entouraient naturellement les habitations, apportant fraîcheur et protection contre les éléments. Mais depuis les années 1960, la modernisation et l’urbanisation ont progressivement effacé ces pratiques, favorisant des environnements minéraux et des systèmes de climatisation énergivores. Aujourd’hui, alors que les enjeux climatiques deviennent critiques, il est temps de renouer avec ces approches bioclimatiques.
Les végétaux ne sont pas de simples décorations. Ils jouent un rôle actif et multifonctionnel dans l’amélioration du confort thermique, la réduction de l’empreinte énergétique, et même la santé des habitants.
L’effet de refroidissement des plantes est bien documenté. Leur mécanisme d’évapotranspiration libère de l’humidité dans l’air, abaissant ainsi les températures. Selon le projet de recherche JACO, mené à La Réunion, les façades entourées de végétation dense reçoivent de 25% à 40 % de rayonnement solaire en moins qu’une façade sans végétalisation. Cette réduction limite directement la surchauffe intérieure et les besoins en climatisation.
Des études (Coccolo et al. 2018 / Qiu et al. 2013) ont indiqué que les effets de refroidissement apporté par la végétation sur la température ambiante peuvent varier de 0,24 à 5,0 °C en fonction de la localisation et de la période de l’année.
Contrairement aux craintes initiales, l’ajout de végétation près des bâtiments n’affecte que légèrement la ventilation naturelle. Selon JACO :
En plus de rafraîchir, les plantes filtrent les polluants atmosphériques et retiennent les poussières. Par ailleurs, leurs racines absorbent l’eau de pluie, réduisant ainsi les risques d’inondation et d’érosion des sols.
Les barrières végétales atténuent le bruit environnant, offrant un confort sonore appréciable dans des environnements urbains souvent bruyants.
La présence de végétation sur ou autour des bâtiments est associée à une augmentation du bien-être, une réduction du stress et des gains de productivité. En effet, un accès régulier à des espaces verts permet d’augmenter l’espérance de vie et les personnes vivant près d’îlots de verdure sont en moyenne biologiquement plus jeunes que les autres de deux années et demie.
Source : https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.adf8140
Les recherches du projet JACO ont montré que placer une végétation dense à environ 3 mètres des bâtiments est optimal. Cette distance assure une réduction significative des gains solaires sans compromettre la ventilation naturelle, essentielle dans un climat tropical.
L’accélérateur accompagne actuellement l’entreprise Greenskin qui met en place des toitures et des murs végétalisés afin d’intégrer le végétal au sein des constructions.
Et si voulez en savoir plus sur ces réalisations, nous vous invitons à regarder ce webinaire :
https://www.youtube.com/watch?v=ih-6gAkBIm4
Certains bâtiments intègrent des jardins collectifs, encourageant les interactions sociales tout en créant des microclimats agréables pour les habitants. Ces espaces deviennent des lieux de vie où les avantages écologiques se combinent avec des bénéfices sociétaux. Par exemple, dans des communes, des associations se sont créées pour gérer des jardins partagés avec le soutien des communes, comme les Jardins du Ruisseau à Paris.
source : lesjardinsduruisseau.fr
Malgré ces avantages, l’intégration du végétal dans la conception des bâtiments reste marginale. Pourquoi ?
Pour changer la donne, il est essentiel de promouvoir des outils, qui permettent d’évaluer précisément l’impact de la végétation sur un bâtiment. Des incitations fiscales ou des certifications environnementales spécifiques à la végétalisation pourraient également encourager les professionnels à adopter ces pratiques.
Imaginons un avenir où chaque bâtiment serait un écosystème en symbiose avec son environnement. Des quartiers entiers pourraient bénéficier de murs verdoyants, de toits végétalisés et de jardins. Ces espaces ne seraient pas seulement plus beaux, mais également plus adaptés face aux défis climatiques.
Les solutions développées dans des régions tropicales comme La Réunion peuvent inspirer d’autres zones du globe. À mesure que le climat se réchauffe, les bénéfices du végétal deviennent universels, offrant des réponses locales à un problème global.
Il appartient à chacun d’agir :
Chez Alvéoles, nous accompagnons des entrepreneurs au sein de notre accélérateur qui ont envie de remettre la nature au cœur de la conception des bâtiments.
Le végétal n’est pas une option, mais une nécessité. Il est temps de réconcilier architecture et nature pour construire des villes plus vivables, plus belles et plus durables.
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Source : https://hal.univ-reunion.fr/hal-04669399v1
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